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Libre Diffusion
POURQUOI PAS II - 13/08/2005 | POURQUOI PAS II - 13/08/2005 |
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La première édition du forum/concert Pourquoi Pas, organisée en 2004 par l'association Pourquoi Pas, Point Information Jeunesse à Ussel (19), et l'association d'économie culturelle les Créateurs, de Lagraulière (19), avait posé, de l'avis de tous, la première pierre d'une manifestation appelée à se poursuivre. Cette année, les deux associations se sont retrouvées sur l'organisation de Pourquoi Pas II. De nombreuses innovations étaient au rendez-vous, avec, à l'appui, une communication nationale et la présence de médias locaux. A tout point de vue, cet événement est une réussite globale; l'organisation est maintenant entrée dans une phase d'amélioration continue. Pour la prochaine édition, il faudra considérer avec un soin tout particulier les points essentiels que sont le lieu et le son. Compte-rendu d'une journée riche et pertinente.
Avant-propos «Dans le dictionnaire Webster la définition du mot «art» précise que «l'art implique un pouvoir créatif personnel impossible à analyser», alors que le mot «capacité, talent» met l'accent sur les connaissances techniques et l'efficacité, et dans les deux cas le mot «ardu» est défini comme «ce qu'il est difficile d'accomplir ou d'achever avec difficulté, marqué d'un grand travail ou effort». L'Art a de nombreux problèmes sociaux. L'un des plus importants est que tous les artistes couronnés de succès l'ont été en étant publiquement confinés aux domaines dans lesquels ils étaient les plus facilement commercialisables. Par conséquent, la plus grande partie de leur musique est écoutée sur une base «orientée média». En ce qui concerne les expressions personnelles des artistes, il est extrêmement possible que ce qui motive réellement cet artiste motivera également le public. Mais malheureusement, l'industrie de la musique enregistrée, dans la plupart des cas, entretient une relation rigide entre l'artiste et le public. C'est pour cela que le succès n'a rien à voir avec l'expression à moins bien sûr, que nous, artistes, n'attendions plus ce succès de l'industrie elle-même, mais le méritions en partageant personnellement avec le public directement, parce que si l'artiste véritable choisit ce chemin plutôt que l'autre, la plupart du temps l'industrie viendra naturellement le chercher, car en partageant avec tous, l'artiste se préoccupera moins de chercher l'industrie, et n'aura plus à attendre toute sa vie, essayant d'atteindre ou de conserver le succès. C'est maintenant au tour de l'art véritable d'émerger, aussi bien pour le public que pour l'industrie.» Pat Martino, Avant-propos de «Linear expressions», 1983. http://www.patmartino.com Au programmeOuverture du forum vers 15h30, les stands AIDS Limousin prévention SIDA, Point Information Jeunesse, Sécurité Civile et Les Créateurs sont prêts, quelques personnes viennent se promener sur les lieux. Tout est fin prêt pour la conférence de l'après-midi, la première des "Très Riches Heures De La Libre Diffusion". Les balances des trois groupes devant se produire en soirée se sont bien déroulées. Lors de ces balances, premiers tests du Jamcorder en conditions "live". Les premières impressions sont bonnes, bien que l'absence d'indicateurs de niveaux d'entrée se fasse cruellement sentir :) La prochaine version du logiciel intégrera très probablement cette fonctionnalité. C'est donc par tâtonnements successifs que les tests sont effectués. On verra au cours de l'enregistrement des concerts que ces tests n'étaient pas suffisants, et qu'avec l'énergie du "live", les réglages ne devraient pas être définitifs. Avec l'arrivée, vers 16h, de Patrick Mathieu, délégué régional de la SACEM, et les présentations effectuées avec Audrey, étudiante en droit d'auteur, et les divers journalistes et correspondants locaux, il était temps de passer à la conférence proprement dite."Les Très Riches heures De La Libre Diffusion" consiste en une présentation de quelques aspects de ce que peut être la "libre diffusion", d'une trentaine de minutes environ, suivie de l'intervention du ou des invités présents. Une discussion peut alors s'engager avec les participants, discussion pouvant avoir débuté pendant les interventions. Un petit verre de kir permet enfin de se rencontrer, de poursuivre la conversation et de terminer agréablement la séance. L'ambiance de cette édition fut détendue, les interventions, questions et réponses cordiales et argumentées, et les débats pertinents. Par la suite, en soirée, les groupes en concert se produisaient devant un public assez clairsemé, en raison de la taille de la salle, pouvant contenir 4 à 500 personnes! De manière générale, la fréquentation était le triple de celle de l'année précédente, ce qui augure bien des prochaines éditions. Les Très Riches Heures De La Libre DiffusionIl faut tout d'abord remercier Patrick Mathieu, délégué régional de la SACEM, d'être venu présenter son organisme, et répondre aux questions des participants. Merci également à Audrey d'avoir fait bénéficier la conférence de ses compétences et réflexions. Le public était composé de curieux, de musiciens et de journalistes. Ce n'était pas l'affluence des grands jours, mais l'audience était attentive, cherchant visiblement à saisir la portée et le sens des éléments évoqués.La présentation proprement dite aborde quelques définitions juridiques, tirées du Code de la Propriété Intellectuelle, manière de donner une base, après tout incontournable, à la suite. Divers aspects du "monde libre" sont ensuite évoqués, pour en arriver aux outils de libre diffusion que peuvent être les contrats de mise à disposition Creative Commons. Après un bref historique de la "libre diffusion" et de différents projets y afférent, une page d'actualités rappelle quelques faits et autres projets de lois en cours. Audrey rappelait à cette occasion que l'un des articles de cette Loi de répression, dont la discussion à l'Assemblée n'est pas terminée, pourrait éventuellement punir les auteurs de dispositifs logiciels permettant le p2p, ou échange de fichiers de pair à pair. On peut rappeler ici que lors de la conférence de Nanterre, "Le libre: la porte ouverte au téléchargement?", le 19 mai dernier, un avocat de droit d'auteur faisait bien la différence entre l'outil et l'usage qui en est fait. Une loi qui viserait à punir des concepteurs de logiciels serait digne d'un état totalitaire. A sa connaissance, en France en tout cas, aucun cas de ce type ne figure dans la jurisprudence. C'était ensuite au tour de Mr. Mathieu de présenter la SACEM, son histoire, son fonctionnement, sa mission et son positionnement dans le débat autour du téléchargement et du p2p. Il ne s'agit pas ici de rappeler dans quelles conditions est née cette société civile, mais de dire que cet historique, mis en relation et "actualisé" en quelque sorte avec notre époque et son "ordre du jour", permettait de démarrer sur des bases indemnes de préjugés, et de mieux comprendre par la suite le positionnement de la SACEM concernant les nouveaux modes de diffusion, et notamment la "libre diffusion". Comme l'avait noté Mr. Tilliet lors de la réunion de Nanterre, Patrick Mathieu rappelait que la SACEM sortirait du cadre de son objet social en tenant compte, lors de la perception et la répartition, des diverses conditions de mise à disposition spécifiées dans les contrats Creative Commons, par exemple. Cela équivaudrait alors à une gestion individuelle, alors que l'objet de la SACEM est justement la gestion "collective" des droits patrimoniaux de ses auteurs sociétaires. Il faut retenir aussi dans cette courte présentation de cette société civile, faite par un de ses délégués régionaux, l'ampleur et l'intensité du travail effectué par ces mêmes délégués, en terme de perception surtout, au niveau local. Il s'agit de l'une des seules sociétés civiles au monde a avoir développé un tel réseau. Cela expliquerait le coût de la gestion, élevé pour certains, qui est de l'ordre de 15 % des sommes perçues. Lors des questions des participants, les interventions se situaient entre autres sur le plan du téléchargement, avec des précisions sur les contrats d'abonnement des fournisseurs d'accès à Internet, un retour sur le projet de loi en cours de discussion, et des questions concernant la position de la SACEM sur ces sujets d'actualités que sont le p2p, le téléchargement et la libre diffusion. La mise au point et l'existence dans un avenir proche, d'une structure, de type société civile ou autre, qui serait à même de percevoir et de répartir les droits d'auteurs en libre diffusion était évoquée, avec une volonté forte que les sociétés "historiques" ne soient pas écartées du ou des projets concernés. Enfin, le verre de fin de conférence permettaient à quelques journalistes présents de peaufiner et préciser leurs contenus avec les intervenants. A cette occasion, Patrick Mathieu était interviewé par une équipe de France 3 Pays de Corrèze, qui, au final, a diffusé un reportage synthétique, fidèle au contenu de la conférence et de la journée. Il faut noter également la présence de la webtv Correze Television, qui a mis en ligne trois reportages sur son site, correzetelevision.fr, du journal « la Montagne » et des « Échos de la Corrèze ». La tv locale TéléMillevaches avait prêté une mini-dv, les images seront mise en ligne une fois montées. L'enregistrement de cette conférence/débat sera bientôt disponible au format ogg (d'ici peu également au format mp3, tous autres formats sur demande), en ligne, sur godon.org. Il sera également possible de télécharger la présentation au format Impress d'OpenOffice. Concernant les enregistrements des prestations live des trois groupes présents, le Chemin Des Chèvres, Roots Harmonik et Godon, le PC hébergeant le Jamcorder ayant vu son entrée ligne chahutée, le son est relativement saturé. Une sélection des titres les moins saturés sera mise en ligne à cette adresse. Il s'agit là de l'amélioration principale à apporter aux prochaines éditions, de manière à obtenir la meilleure qualité d'enregistrement possible, diffusable immédiatement sur les périphériques USB du public. Une formule alliant l'utile à l'agréable"Les Très Riches Heures De La Libre Diffusion", dans le cadre de ce forum/concert, se sont déroulées dans l'esprit dans lequel elles ont été conçues. Dialogue ouvert, pas d'autre ambition que d'essayer d'apporter une information nécessaire, possibilité de jeter des ponts entre ce qui était encore, il y a peu, opposé. Hormis les "aléas du direct", subis en majeure partie par la qualité des enregistrements des concerts, aléas qui seront impérativement réglés lors des prochaines éditions, et le gigantisme de la salle et du lieu, difficiles à remplir tout de même, ce forum/concert à fièrement montré qu'il est capable d'attirer d'une part des populations qui n'ont pas forcément souvent l'occasion de "participer" à un événement de ce type, mais aussi de mener sa mission de prévention, de dialogue et d'assistance à bien. Tout en mobilisant musiciens et professionnels du secteur sur des sujets d'actualités, qui vont jusqu'à "judiciariser" de simples utilisateurs d'internet, mélomanes ou non, et leurs familles, et en provoquant la réflexion et le débat. Que demander de plus, sinon que la prochaine édition soit aussi digne et réussie que celle-ci?Liens utiles=> Archives de musique en libre diffusion=> ouvrez grand vos oreilles! => Le site de la SACEM => Communauté d'artistes indépendants => Le site français de Creative Commons => Le site américain de Creative Commons => Le site de la licence Art Libre Dominique Godon 19 août 2005 Recommandez (98) | Citez cet article sur votre site | Pages vues: 1777
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