BloGodon | Climat : Planktos, à la va-comme-je-te-pousse ! |
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En quoi consiste le programme d’écorestauration de Planktos ? En voici les principes de base, que l’on peut trouver sur le site de l’entreprise : « En tant que leader mondial en écorestauration, la société Planktos est une compagnie à but lucratif qui, en collaboration avec sa subsidiaire ( !) européenne KlimaFa, génère des crédits de réductions d’émissions de carbone de deux manières : en rétablissant les populations océaniques mondiales de plancton et en plantant de nouveaux « parcs de forêts climatiques » Comment procède Planktos pour restaurer les Océans ? Tout simplement, dans un premier temps dans une zone de 10 000 km2, dans les Galapagos, en y épandant de la poussière d’acier avec son navire, le « WeatherBird ». Selon Planktos, cette poussière est capturée par le plancton ; consécutivement, on doit assister à un « boom » de ce même plancton, réputé, dixit encore planktos, « stocker la moitié du CO2 planétaire » ! Le programme se poursuit, de la manière suivante : « Grâce a la photosynthèse, plancton et arbres capturent et stockent le CO2. Une fois séquestré, le CO2 se convertit en crédits de carbone que Planktos peut ensuite mettre en vente sur les marchés globaux d’émission. » C’est ce que l’on appelle de la « géo-ingénierie ». On aura mieux compris le terme d’entreprise à but lucratif à la lumière de ce qui précède. Seulement, il y a un hic. Et de taille. En juin dernier, un comité scientifique intergouvernemental sur le « dumping des Océans », lors de sa séance pleinière de fermeture du 22 juin 2007 à Londres, est parvenu à un consensus dur en faveur d’une alerte concertée à propos de cet « enrichissement commercial en poussière d’acier des océans » initié par Planktos Inc. Ce comité scientifique pense que cette pratique présente de sérieux risques environnementaux, en plus de n’avoir pas montré « scientifiquement » son efficacité. De plus, cette poussière d’acier serait répandue sous forme de nanoparticules, dont on connait encore moins les effets à court, moyen et long terme sur l’environnement. Les scientifiques appellent les gouvernements à prendre très au sérieux cette menace potentielle sur un site unique, Patrimoine Mondial de l’Humanité que sont les Galapagos, lorsqu’ils se réuniront à Londres du 5 au 9 novembre prochain, à l’occasion de la Convention de l’Organisation Maritime Internationale. Planktos a déjà été prévenue qu’elle serait sous le coup de la Loi américaine si le bateau servant à épandre l’acier battait pavillon états-uniens. Planktos a répondu qu’il trouverait un autre bateau, ou un autre drapeau. Il faut signaler que cette initiative n’est que la première d’un ensemble de projets, la plupart du temps commerciaux, de « géo-ingénierie stratospérique ou océanique » que des compagnies privées, partout dans le monde, sont en train de développer. « Il serait tentant d’écarter Planktos d’un revers de la main », indique Pat Mooney, le directeur du ETC Group au Canada, « mais la compagnie a le navire, l’acier, et l’arrogance de provoquer un certain désordre » Lequel d’entre nous a été consulté, pour savoir si les citoyens de la Planète que nous sommes tous seraient d’accord ou non pour que l’on joue de cette manière avec son atmosphère et son eau ?NB: le comité scientifique international dont il est question dans cet article est composé de scientifiques et d'experts des Parties contractantes de la « Convention de Londres de 1972 » (Convention pour la Prévention de la Pollution Maritime par les Rejets de Déchets et Autres Matières) ainsi que du « Protocole de Londres de 1996 ». Actuellement, 82 États sont adhérents de cette Convention. En 1996, le Protocole de Londres est créé, visant à moderniser la Convention, et à la remplacer ultèrieurement. Actuellement, et depuis le 24 mars 2006, date de son lancement, le Protocole compte 31 Adhérents. La Convention de Londres et le Protocole constituent ensemble les règles et normes de caractère mondial en matière d'immersion, visées à l'article 210.6 de la Convention des Nations Unies de 1982 sur le droit de la mer. Ressources: - L'Organisation Maritime Internationale: « Pour une navigation sûre, efficace sur des Océans propres. » http://www.imo.org - La « Convention de Londres »: http://www.londonconvention.org/ - La brochure de la Convention et du Protocole de Londres: http://www.imo.org/includes/blastData.asp?doc_id=7487&type=body Recommandez (115) | Citez cet article sur votre site | Pages vues: 1580
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