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Le Son Du Libre - Nice - 7 et 8 juillet 2006 (1 lecteur(s)) (1) Invité(s)
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SUJET: Le Son Du Libre - Nice - 7 et 8 juillet 2006
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Le Son Du Libre - Nice - 7 et 8 juillet 2006 posté il y a 2 Années, 3 Mois Groove: 17  
Les 7 et 8 juillet dernier, le collectif marseillais Revolution Sound Records, en partenariat avec de nombreux autres collectifs, associations et initiatives, organisait la première édition du « Son Du Libre », deux jours de manifestation/évènement autour de la libre diffusion, avec concert, projection, stands et bonne humeur! La salle de concert « Le Volume » était à disposition. Compte-rendu d'une réussite...


Rendez-vous était donné le vendredi en fin d'après-midi devant le Volume. Première rencontre, premières impressions: c'est toujours tellement agréable de mettre des visages sur des pseudonymes! Donc, voici les membres d'Ouroboros, Lionel, Ticho, Zoé, je ne me rappelle pas de tous les prénoms, Damien aussi, voici Eric, alias The Esound Project, voici collegue alias Jérôme, et ainsi de suite. En attendant que le volume ouvre, chacun va se dégourdir un peu les guiboles, prendre un verre, et commencer de discuter de vive voix. Ce qui est frappant, de mon point de vue, c'est de constater à quel point, sans se connaître plus que ça, on est sur la même longueur d'onde. Celle-ci est un mélange de la joie évidente de se rencontrer physiquement, de l'envie urgente d'en découdre, dans le bon sens, c'est-à-dire démêler lentement l'écheveau des possibilités pour que l'action soit la plus juste possible, et d'une énorme envie de jouer!!

Le Volume ouvre enfin, et prise de contact avec le lieu. Je le voyais bien plus petit, en fait c'est immense, avec un grand bar/hall d'accueil/salon (rhaaa les canapés après la route!) La salle en elle-même peut effectivement accueillir 200 personnes facilement. Je regarde la hauteur sous plafond, va falloir faire gaffe au crâne! Rencontre avec Boris également, qui s'occupe de l'accueil technique: il est d'une gentillesse...! Bref, toutes les conditions ont bien l'air d'être réunies, donc déchargement, installation, balances dans l'ordre, s'il vous plaît. Attitude très pro de tout le monde, Les Ouroboros ont descendu pas mal de matos, ce qui aide bien vu la petite configuration technique de la salle. Pour notre part, de bonnes sensations, heureusement qu'on a pris le retour amplifié (merci Regius!!), il a bien servi pour Lawrens. La batterie sur place est tout à fait utilisable, Steph a vite fait de gaffer et régler les peaux pour en faire un instrument jouable!
les stands sont installés dans le hall/bar d'entrée du Volume; il y a là le représentant marseillais de musique-libre.org, ChristopheE, et, surprise, mr_ersatz est là aussi! Quitterlasacem.info, stopdrm.info, les compilation de Revolution Sound Records, musique-libre.org sont donc prêts à accueillir et renseigner le public.

Evidemment, la foule n'était pas au rendez-vous. Le lieu était bien loin d'être plein, bien loin. Mais qu'importe! Il fallait être là. Quelquefois, c'est ainsi: peu importe les circonstances aléatoires, il faut être à tel endroit avec telles et telles personnes, et faire ce qu'il y a à faire. Dire que le public était totalement absent ne serait pas vrai non plus, puisque des guerriers et guerrières sont là, fin prêts. Et puis, comme dit ailleurs,nous sommes tour à tour musiciens, organisateurs, publics, fans, et c'est bien ainsi!!

MD ouvrait le bal avec un set, à son image, j'ai l'impression, mélange de zen et d'énergie, de travail et de plaisir. On est là, on écoute, le son est bon, il a l'air heureux, nous aussi. L'ordinateur, quels que soient les logiciels utilisés, est bel et bien un instrument de musique. En plus, la musique de MD, comme celle de e-sound, ou encore celle de Jérôme, n'est pas avare de sens. A tel point que ce ne sont pas seulement des morceaux ou des bouts de morceaux qui sont mixés et re-mixés, c'est aussi le sens initial qui est ainsi enrichi, embelli, « remis en scène ». On voit bien là que la musique, même entièrement électronique, n'est pas du tout similaire au logiciel. Ce qui les réunit, c'est que ce sont des oeuvres de l'esprit. Ce qui les distingue, en dehors de tout parti pris idéologique, c'est le sens. Il faut sérieusement accepter ce fait: la musique, idéalement, est un vecteur de sens, et les auteurs qui publient et diffusent leurs créations librement le font rarement de manière anodine. Sans parler de la notion de « source »: qui est est en mesure, sérieusement, de déterminer ce que peuvent être les « sources » d'un concert? La musique peut être produite avec des logiciels, mais la musique n'est pas un logiciel! Ne confondons pas l'outil et l'usage qui peut en être fait; c'est exactement l'aberration mise en oeuvre dans le cadre des amendements Vivendi Universal et de la loi DADVSI!

Après MD et un rapide changement de plateau, c'est notre tour d'envoyer le jus. J'aurais du mal à être objectif sur notre set au Volume, je ne peux donc donner que mon ressenti. Lorsque nous jouons dans des lieux comme celui-ci, somme toute assez petits, et surtout bas de plafond, j'ai à chaque fois la sensation que la musique est plus compacte, comme compressée par l'architecture du lieu. Je parle de l'énergie délivrée, bien sûr, parce que ce sont les mêmes morceaux, que nous jouions ici où là. Pour ce qui est du son, je dirais que ce type de salle n'a pas vraiment besoin d'être pleine pour que ça le fasse. Dans les salles de concerts de taille un peu plus importante, la présence du public est cruciale, parce que celui-ci absorbe le son, alors que là, au Volume, en plus, deux gros piliers de soutènement « coupent » en quelque sorte les vibrations. A tel point que juste devant la « scène », entre les deux piliers et derrière ceux-ci, ce sont trois sons différents! En tous cas, pendant notre set, les amis étaient là, le partage, la joie d'être ensemble et la patate! Envie de jouer dès qu'on a fini de jouer, c'est bon signe...

Le temps de virer la batterie, et le missile Ouroboros partait en orbite! Je savais pas que Ticho était l'ancien gratteux de Miss Hélium, même si ça me rappelait quand même un son familier! Lionel est un guerrier de première, avec une voix énorme et la patate qui va avec, pendant que Zoé balance ses flûtes au dessus de ce déferlement. J'ai adoré, tout simplement. A certains moments, la présence physique d'un batteur me manquait un peu. J'en ai parlé avec Lionel, et, au vu des galères de batteurs qu'on a eu avec Godon, je le comprends. Ce qui est important, le plus important, c'est de faire ce qu'il y a à faire, dire ce qu'il y a à dire, et le reste suit, de toutes façons! Ce que j'espère, maintenant que l'on s'est tous rencontrés, c'est aller faire un tour à Saorges, le petit village qu'ils habitent dans l'arrière pays niçois. Ce qui est certain, c'est que nous allons tous de nouveau nous retrouver, ici où là, pour envoyer de nouveau le son et l'action!

Les portes du Volume étaient ouvertes dans l'après-midi. Les stands étaient fin prêts pour recevoir le public, et informer ceux et celles qui le désireraient. je le redis: le public n'était pas au rendez-vous. Ce qui est quand même remarquable, c'est que les discussions entamées la veille se sont poursuivies le lendemain, et que les quelques personnes qui sont passées par le Volume en sont reparties avec la conviction rassurante que des musiciens, des mélomanes, de simples citoyens somme toute, ne restent pas les bras croisés à attendre que cela passe. Les gens de RalamaxProd étaient descendus de Lyon, et le film long-métrage « Le Bal des Innocents » fut projeté dans le hall d'accueil du Volume, devant une audience réduite et très attentive. Pendant ce temps, les groupes faisaient leurs balances dans la salle. Le programme des concerts du soir était chargé: The esound Project en ouverture, suivi de BamBamBam, tout juste arrivé de Namur; ensuite, les Sacs à Boulon, et pour finir Les Eskargros.

Eric, alias the Esound Project, produit un son que pour ma part, je ne sais pas qualifier. Et c'est peut-être mieux ainsi, parce qu'il n'est pas forcément nécessaire de qualifier la musique. Je dirais juste que c'est très agréable à écouter, qu'évidemment, il y a du beat, du bon beat, et qu'il y a du sens. Ce que je trouve remarquable avec les performances d'Eric, de MD ou de BamBamBam, c'est que c'est à chaque fois très personnel, voire intime de chacun d'eux. C'est évidemment mon avis, et seulement mon avis, mais j'ai la nette sensation que l'ordinateur et les logiciels de mixage qu'ils utilisent, par leur extrême versatilité, leur donnent l'occasion de s'exprimer de cette manière « intime », faisant ressortir ce qu'il y a de meilleur en eux.
Cela peut aussi donner lieu à des formes d'expression assez inattendue dans ce cadre. Prenons BamBamBam, par exemple. Il produit un son très particulier, avec des tempi élevé (au delà de 300 bpm). L'on pourrait se dire « ça va arracher, c'est de l'industrashcore », gare à vos fesses! Eh bien, pas du tout! Evidemment, c'est une grosse d'énergie qui est délivrée, mais pas seulement. J'ai demandé à BamBamBam s'il connaissait l'orchestre de Spike Jones. Il ne connaissait pas, alors je lui ai conseillé de l'écouter, parce que dans ce qu'il fait, il y a de cela, comme des bruitages de dessins animés époque Tex avery sur vitaminé! Excellent!

Sac à Boulon est un trio original. Le batteur joue sur un cajon, le bassiste chante des choeurs avec une voie de tête magnifique, et le chanteur/guitariste chante magnifiquement bien, ne se prend pas au sérieux, mais prends très au sérieux le fait de créer des liens avec le public. Les deux autres aussi d'ailleurs. Et ils y arrivent les bougres. Sac à Boulon, c'est de la chanson vraiment réaliste, et vraiment déconnante, pleine de ce que l'on pourrait appeler de la « dérision sérieuse ». Pourquoi? Parce qu'il y a là du sens, du sens. Et donc du lien, du vrai lien. En plus, deux nanas qui passaient par là se sont littéralement déchaînées durant leurs sets, accompagnées d'un batman de pacotille en maillot de bain, bref! Un set réussi, énergique et joyeux!

Tout n'est pas parfait, et rien n'est jamais parfait, sinon, il n'y aurait plus rien à faire. Tout est à faire, et tout est affaire de chacun, c'est ce je crois voir ressortir principalement du « Son Du Libre ». C'est un peu comme les chantiers participatifs, lors desquels chacun vient aider tout en apprenant pour sa propre construction. Par contre, ce que je trouve personnellement assez difficile à supporter, c'est lorsque se glissent sur le chantier des tire-au-flanc absolument pas concernés, présents à la limite pour foutre un peu le bordel, en plantant involontairement les organisateurs, en montrant backstage qu'ils n'en ont réellement rien à battre de « libre » ou de pas « libre », en bousillant la batterie du Volume (j'ai toujours eu du mal avec ceusses qui respectent pas le matos des z'autres. Si t'as envie de casser ta batterie, tu casses TA batterie, pas celle d'un lieu qui à déjà un pied dans la tombe!), bref! Retenons aussi les témoignages des gens travaillant sur place au Volume, confrontés à des difficultés administratives insondables, limite harcèlement! Où l'on constate de nouveau l'extrême délicatesse des conditions de survie pour les lieux de musique vivante autre que ceux financés par les « pouvoirs publics ». En fait de pouvoirs publics, il s'agit la plupart du temps d'intérêts personnels à l'oeuvre dans les mairies, conseil régionaux, généraux, polices, média locaux, etc. qui cherchent à faire en sorte que ... nul ne le sait vraiment. Ce qui est sûr c'est que des lieux comme le Volume disparaissent un peu plus chaque jour, pendant que d'autres se créent, en général à l'écart des grandes métropoles. A la campagne, si l'on se débrouille bien, il n'y a pas de plaintes de voisinage! A quand « Le Son Du Libre II » dans un lieu comme, au hasard, Saorges?

Liens et Ressources:

Revolution Sound Records
The Esound Project
MD
Sac à Boulon
Le Volume
Ouroboros
musique-libre.org
Quitterlasacem.info
StopDrm.info
RalamaxProd
Le Cajon

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Dogood, fondateur/auteur/chanteur linuxien de Godon

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