Le Sous-Monde devint immondice, milliers de tonnes, avec des vents de puanteur, épaisse, d'la crasse, des corps sanguinolents, d'la maladie à tous les coins d'rue, d'la violence et des corps torturés, et des enfants.
Nous pourrions réduire votre dette, Nous pourrions vous laisser être pauvres, Nous pourrions semer sans vous, Mais nous sommes vos bons vampires...
Ils voulaient inventer leur avenir, développer, Assez de la misère séculaire, de la souffrance, Tout allait bientôt être prêt. Entre leurs mains, Leurs propres maitres, leurs atouts lumineux.
Nous pourrions fournir des armes, Nous pourrions inventer de nouvelles maladies, Nous pourrions vous cultiver, vous moissonner, Oui, nous sommes vos bons vampires.
Ce fut un tsunami mental de cinq milliards d'individus, La prise de conscience générale, exhaustive, Assez de leurs cultures sépultures, de leurs infamies, Assez de notre aveuglement, de notre crédulité
Nous ne pourrions pas vivre sans vous Nous pourrions être plus éthiques Nous serons bons avec vous, n'ayez crainte Nous serons toujours vos bons...
Les villes se vidèrent, les supermarchés se vidèrent, Les caisses se vidèrent, les usines furent désertées. Les ex-vampires erraient maintenant, hagards, Mendiant des miettes, dormant dans les boues acides Qu'ils avaient eux-mêmes générées, Ou dans leurs raffineries désaffectées.
II REVELATION
Sept armatures d'ignorance, sept glaives de convoitise, Attiseront le feu de la terre. C'est armés de pain rance, cette glaise de la hantise, Que les hommes croiseront le fer. Ces armées de Provence, couvant sous la sottise, Engloutiront tout, aidées de la mer. Les massifs du centre france, enrubannés de bitume-maîtrise, De leur feu envahiront l'éther.
A ma droite, ondée d'allumettes, A ma gauche, la puissance du rien.
Liseron crève la dure croûte, l'île ronde lève le mur, Coûte que coûte. Fi du repos, de la saumure sort le sel de la vie, Qu'est-ce que ça coûte? La rose qu'on nomme a quarante pétales, T'arrose un homme, amaranthe s'étale, Nourriture sans prix, épinard déduit, L'amour itère le lys.
A ma droite, ondée d'allumettes, A ma gauche, la puissance du rien. Ame adroite, inondée d'amulettes, Ame gauche, appui sans soutien.
III ALEGRIA
Bien dansante alegria sur le monde mourant Fière andante au pas des ardentes masses Le papillon bat de l'aile, rompt le micro-jus. La mère des tempêtes, de l'océan à l'océan. Le nom brille de l'humanité, bientôt sans terre...